Sauvez la forêt de Fontainebleau

Quinze jours se sont écoulés depuis le démarrage des feux de forêt à Fontainebleau !! Un sujet qui en premier lieu a été une fois de plus mal traité par les médias mainstream. Tout simplement car pour parler de la forêt de Fontainebleau, il faut, connaître son histoire, en avoir fait le tour, fréquenter régulièrement les forestiers, avoir abordé tous les dossiers la concernant, de la conservation de ce patrimoine naturel unique en passant par l’épineux dossier du développement touristique et des sports-loisirs, le trafic routier. Notre association, notamment depuis quatre ans a rencontré des écologues forestiers indépendants, des botanistes comme Francis Hallé, Marc André Selosse, et plein d’autres spécialistes indépendants qui ont du recul sur la gestion des forêts. Chaque problématique est emmêlée à d’autres.
Car Fontainebleau est malheureusement, une forêt dite péri-urbaine. Elle est donc le réceptacle bain de nature, d’un énorme bassin de population locale et Francilienne. De l’accaparement, souvent positif de ses riverains au phare clignotant de la curiosité touristique, avec de plus en plus des visiteurs Européens, il y a un fossé qui a été franchi. Notamment pour ses fameux et désormais tristes sites d’escalade défigurés. On ne peut pas raisonner sur l’avenir du massif de Fontainebleau en n’englobant qu’une seule partie du dossier.
Cette forêt n’a pas beaucoup de chance. Elle a été dès le 19ème siècle, l’attraction quasi unique d’une découverte des beautés de la nature, AU SUD DE PARIS, à cause de son relief si original. Ce que Saint Louis appelais autrefois « mes chers déserts ». Car avant les plantations de pins du 19ème siècle, les secteurs d’Apremont, Franchard and co étaient comme des déserts, ponctués de vagues fascinants blocs de grès, tant peu respectés à présent. Dès 1849, la ligne de chemin de fer qui débarque à Fontainebleau (époque Napoléon III) permet à une certaine aristocratie Parisienne de faire un périple à la journée, par le biais de ce que l’on nommera « le train du plaisir ». Dans les années 1870, on comptait 100 000 visiteurs environ par an. A présent on nous donne des chiffres qui varient entre 15 millions de visites et 15 millions de visiteurs. Bref on a pas de chiffres précis. Mais c’est énorme. Et après, on vient nous dire : « oui mais c’est ponctuel, notamment en mai…Peu importe, les sites les plus symboliques sont sacrifiés sur l’autel de la consommation touristique et de nature. Et puis c’est tout.