Sauvez la forêt de Fontainebleau
Urbaniser le quartier du Bréau, le dernier quartier en friche de la ville de Fontainebleau, oh combien symbolique puisqu’il fait le lien entre la forêt et le château. Il accueillait jusqu’en 1994, des garnisons militaires, le dernier étant le 602ème régiment de circulation routière, dont on voit la trace par la subsistance de hangars qui devaient être démontés (prix de l’époque un million de francs)à la fin de la circonscription. Il s’agit pour cette emprise d’environ 6 hectares (voir plan), qui entre dans le cadre de l’aménagement du Grand Paris, de définir un projet dit structurant pour l’avenir de la ville. Pour cela différentes réunions de concertation ont eût lieu (depuis quelques mois) auprès du public de Fontainebleau (riverains notamment) et d’Avon, afin de connaître leurs besoins. Mais doit-on, une fois de plus aboutir à un projet médiocre et archi archi vu et revu : des logements, des commerces, un hôtel, des parkings? Et puis après. Est-cela l’ambition de la ville de Fontainebleau ? Autrefois surnommée capitale de l’environnement, notamment en 1998 à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Union Internationale de Conservation de la nature., fondée à Fontainebleau. Est-cela l’héritage du combat esthétique puis écologique des peintres de Barbizon et des efforts pour créer un Parc National ? Est-ce qu’un projet de bétonnage, sans ambition écologique est à la hauteur d’un classement UNESCO, tant voulu par certains élus ? La réponse est NON. Le projet envisagé aux Subsistances (partie du Bréau), en 2020 reflétait ce manque d’ambition où l’on vantait les mérites d’un hôtel restaurant avec Rooftop portant une vue panoramique sur la forêt. Est cela l’ambition d’une ville qui attire tant les cadres supérieurs et les étudiants ? Fontainebleau a besoin de renforcer son aura international. Bien sur il y a l’INSEAD, l’hippodrome du Grand Parquet, des campus étudiants et le château. Mais quelle est la place de l’écologie noble, alors que la ville est entourée par une forêt de 24 000 hectares, comprenant le plus fort taux de Réserves biologiques Intégrales, alors qu’une Réserve de Biosphère, attribuée à la place d’un Parc National n’arrive toujours pas à franchir le cap d’une vraie protection de la forêt et des espaces verts à protéger (voir plan local d’urbanisme) ? Pour l’instant, rien ou si peu.
L ‘association Sauvez la Forêt de Fontainebleau propose donc la création au Bréau d’un pôle européen de l’écologie, de la biodiversité et de la forêt.
Il comprendrait un laboratoire de recherche international, pouvant accueillir des chercheurs du monde entier et un cursus universitaire. A créer également une formation de guide-nature et d’éco-gardes, filière qui permettrait d’allier théorie et pratique au coeur de la forêt de Fontainebleau. Cela pourrait déclencher la création d’un vrai groupe de surveillance du massif (une équipe d’éco-gardes assermentés), au vu de l’insuffisance des moyens octroyés à l’Office des Forêts. L’autre volet du pôle écologique serait de remettre en marche une économie locale du bois, en convention avec l’ONF. Il existait autrefois à Fontainebleau et dans la région pas mal de scieries et des menuiseries qui ont disparu. Avec une production de 40 000 m3 de bois par an, l’ONF est susceptible de fournir du bois, notamment du résineux de qualité pour la construction de bâtiments en bois. Ainsi, le laboratoire de recherche en écologie et de la forêt serait construit entièrement en bois et matériaux recyclables trouvés sur place. Le principe du circuit court serait donc adopté.