Sauvez la forêt de Fontainebleau

Quand la Région invite les associations à parler des problèmes de gestion des forêts d'Ile de France par l'ONF

Le vice-pdt de la région chargé de l'écologie, Yann Werhling et son équipe nous ont reçu au siège de la Région, à St Ouen, le jeudi 2 avril 2026

L'ONF sur la sellette

Réunion constructive ce jeudi 2 avril 2026, avec Yann Wehrling, vice-président à la transition écologique au conseil Régional d’Ile de France et son équipe de conseillers.  Dossier principal évoqué : la gestion des forêts Francilienne par l’Office National des Forêts. Il ne s’agissait pas de faire le procès de l’ONF, loin de là.  Mais d’évoquer, avec la majeure partie des associations de défense des forêts, de nombreuses problématiques qui se posent sur le terrain. On a abordé différentes facettes de cette gestion qui posent questions : une sylviculture avec des coupes de bois trop importantes et sans justifications officielles, au vu de plans d’aménagement dépassés dans la plupart des cas, une non transparence du volume des coupes, un manque de volonté, de projets et de moyens pour faire du maintien de la biodiversité une priorité. Et bien sur un manque de concertation sur les coupes, les systèmes de plantation (pollution plastique) etc. Etc.

Le scandale du statut des arbres !

D’abord, la question fût posé, doit-on faire la différences entre des forêts insérées dans le tissu urbain et des forêts dites péri-urbaines.  Pour nous associations, c’est la même chose. Elle doivent être traitées pour un maximum de résilience et de leur rôle de régulation du climat et d’absorption de la pollution. Les différentes associations, fédération de l’Appels des Forêts et autres collectifs se sont exprimés tour à tour afin de donner des exemple concrets sur la situation actuelle des forêts en Ile de France. La représentante de la forêt de Sénart, Fabienne Spahn, a jugé que l’exploitation ONF était trop agressive et beaucoup tourné vers le bois énergie. Augustin Bonnardeau, de l’association Arbres a annoncé que des demandes avaient été faites pour changer la législation sur le statut de l’arbre, avec une proposition de loi. On emploie encore le terme de mobilier urbain pour désigner l’arbre, comme dans un récent procès au tribunal de Fontainebleau. Un statut d’organisme vivant dont la préservation est d’intérêt général permettrait d’éviter des coupes scandaleuses dans les villes ou dans les domaines boisés. 

Des plans d'aménagement dépassés !!!

Le représentant de la forêt de Notre Dame (Val de Marne) a dénoncé la simple consommation de la forêt par ses visiteurs et la disparition des zones humides, oh combien importante pour l’équilibre d’un massif. La santé et la préservation des mares a d’ailleurs été dénoncé par la Fédération de l’Appel des Forêts, les mares étant un stop très important pour la biodiversité, des batraciens, aux insectes en passant par les oiseaux et toute la faune qui la fréquente. A Chantilly, (6300 hectares) on a donné l’exemple d’une future gestion pour l’adaptation au climat. Un plan d’aménagement  2026-2035 a été lancé, visant à sauver le massif sinistré. Mais certaines associations sont très critiques sur la gestion passée : réduction des vieilles écorces, coupes massives sanitaires entre 2018-2025, sans le pendant d’un renouvellement massif des zones coupées. L’onf et l’Irae (Institut de recherche agronomique) ont proposé l’introduction d’essences adaptées au climat (chênes méditerranéens, résineux, pratiquer maintenant des coupes ciblées d’arbres malades pour récolter la valeur commerciale et éviter les risques d’axe dangereux (bref des coupes des sécurité) et le renouvellement progressif du peuplement pour maintenir la productivité forestière. On s’étonne que ces mesures arrivent si tard. Et on pourrait donner le même exemple pour la forêt de Montmorency qui a perdu près de 50% de son ancienne forêt. Il faut une gestion beaucoup plus fine et anticiper les problèmes avec des moyens financiers et en personnel beaucoup plus important. 

IL FAUT AGIR VITE, TRÈS VITE !

Philippe Heurtevent, vice-pdt comme moi de la Fédération de l’Appel des Forêts a tranché en affirmant que le dialogue était rompu, notamment dans les Yvelines, avec l’ONF. « On en a marre de la langue de bois, des éléments de langage et de la non transparence de la gestion ONF. On a constaté que les documents de plans d’aménagement fournis aux ministères de l’agriculture et de l’écologie ne reflétaient pas la gestion actuelle. On en a assez d’être berné. L’ONF se réfugie également dans des droits de réserve ou le droit au secret dans la partie commerciale de son activité. Ce n’est pas toujours justifié!» Yann Werhling, vice-pdt de la région a semblé accorder toute son écoute à ces critiques. « Nous voulons faire évoluer la gestion de l’ONF. On veut être exigeant. On veut que toute la filière de gestion des Forêts d’Ile de France correspondent aux enjeux de biodiversité, d’adaptation au climat, du dépérissement forestier. L’ONF nous a fait des propositions. Mais qui nous apparaissent encore insuffisantes. Donc nous allons continuer le dialogue avec eux. Nous allons également voir où se situe les blocages, afin que cette situation évolue vraiment. Nous allons aussi nous adresser aux ministres de tutelles de l’ONF. Et s’il faut passer par le parlement, nous le ferons. Mais là c’est une solution à plus long terme ». Problème, le dépérissement des forêts en Ile de France ne peut pas attendre une loi. Il faut faire vite, très très vite. 

 

 

Pascal Villebeuf Président de Sauvez la forêt de Fontainebleau Vice-pdt de la fédération de l'Appel des forêts en Ile de France