Le 18 septembre, sera jugé au tribunal, celui qui se fait appeler Serge Mercier, un habitant d’Avon, pour des «dégradations » en forêt de Fontainebleau, qui fait suite à une plainte conjointe de l’Office National des Forêts et des Amis de la Forêt. On parle de 16 chefs d’accusation qui comprennent : l’apposition de ronds bleus, symbole d’une niche de protection des arbres en forêt de Fontainebleau, d’effacement de flèches en peinture pour marquer le cloisonnement lors des coupes d’arbres, de dégradations de barrières forestières, etc. Ces faits se seraient déroulés dans le secteur du Rocher d’Avon, partie du massif située le long de la D606, entre l’Obélisque de Fontainebleau et le rond-point de Montmorin.
Serge déclare haut et fort « qu’il n’a peint de que des ronds bleus, car il ne supportait plus de voir des beaux arbres tomber sous les tronçonneuses. Ils étaient loin d’être dépérissants ».
Pour ces faits commis depuis de longs mois, il a été placé en garde à vue fin avril 2025, au commissariat de Nemours, pendant 3 H 30. Une situation « insupportable » pour lui, qui l’a conduit, affirme t-il, à l’hôpital, après « un état de tension, hors norme. » Il se dit « scandalisé. Je ne voulais que dénoncer les trop fortes coupes qui ont lieu chaque hiver en forêt de Fontainebleau. J’ai eu l’impression d’être pris tout de suite pour un terroriste. Je n’ai fait que de la peinture, c’est tout!» Apparemment l’ONF et les AFF lui réclamerait 10 000 euros de dommages et intérêts. Cette situation n’est pas sans rappeler une époque très mal vécue par les forestiers et la direction de l’ONF, de 1994 à 2000 environ, avec les agissements des célèbres Eco-guerriers dont le groupuscule avait été baptisé : « Bleau-Combat ». A l’époque, plusieurs jeunes et moins jeunes claquent la porte d’une non moins célèbre association locale. Ils dénoncent les coupes rases qui continuent en forêt de Fontainebleau. Ils vont créer d’autres associations, dont un Comité pour un parc national, comité pour l’avenir de la forêt, Objectif Nature…But : mettre fin à la Futaie régulière qui va se poursuivre jusqu’en 2015 environ, avant la publication du nouveau plan d’aménagement de la forêt, 2015-2035.
Dans les années 90, c’est un tout autre tournant que prennent les éco-guerrier. Pendant des mois, ils vont tour à tour, saboter des engins d’exploitation forestière, planter des clous dans les arbres pour empêcher leur abattage, arracher 6400 plants de cèdres, symbole à l’époque d’une «artificialisation » de la forêt, tracer des tags sur les maisons forestières et notamment celle du directeur de l’ONF de l’époque, etc. A l’époque, en tant que reporter au journal Le Parisien, j’ai couvert ces faits. Le Monde évoque alors le terme même de « guérilla » contre l’ONF. De l’autre les éco guerriers dénoncent « une gestion destructrice des paysages et de la biodiversité ». Nul accord n’’est possible. En Décembre 1994, trois d’entre eux sont interpellés et placés en détention provisoire pendant les vacances de Noël pendant 21 jours, à Fleury-Mérogis. Ils sont ensuite jugés au tribunal de Fontainebleau.

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