Sauvez la forêt de Fontainebleau
QUELLE TRISTESSE !J’apprends ce jour du 11 mars 2026, le décès de Lulu du Morvan, Lucienne Haèse, à l’âge de 84 ans. Cette militante écologiste engagée dans la préservation des forêts de feuillus du Morvan et la promotion d’une sylviculture respectueuse des forêts et de leur biodiversité va terriblement nous manquer? Nous sommes peut-être la dernière association à être venue à sa rencontre en Octobre 2025. Peut-être comme un symbole, sans deviner au départ qu’elle était très malade. Je suis terriblement triste qu’une telle figure de La Défense des forêts disparaisse, alors qu’elle aurait dû vivre un siècle et pourquoi pas deux siècles, tel un chêne immortel. Ces quelques moments Lucienne avec toi, au restaurant du parc du Morvan seront inoubliables.Et nos bénévoles peuvent en témoigner. Et ses mots résonneront longtemps : « Quand on se bat, qu’on ne baisse jamais les bras et que l’on est un collectif, on peut arriver à tout » disait-elle. Les français, si divisés devraient s’en inspirer. Le groupement forestier pour la sauvegarde des forêts du Morvan, qu’elle avait co-fondé en 2003 lui rend hommage : « nous saluons en elle l’amie, l’écologiste, la militante, la femme engagée. Elle a tant aimé les arbres, les forêts (les vraies), la terre, les animaux, petits et grands. Elle nous a tant appris ! Ci dessous un texte que j’avais écrit après notre rencontre avec les bénévoles de l’association Sauvez la forêt de Fontainebleau.
Lucienne que de beaux souvenirs avec toi !!
Avec Lulu du Morvan, en octobre 2025
Avec Lulu du Morvan, près de la maison du parc du Morvan, après la visite d’une forêt de feuillus sauvée par le groupement forestier créé par Lucienne Haèse en 2003. Lucienne tu est une des figures marquantes de l’écologie associative…à jamais.
Quel moment symbolique, quelle émotion quand notre association, Sauvez la Forêt de Fontainebleau, ce samedi 18 octobre 2025, a pu rencontrer Lucienne Haèse, baptisée Lulu du Morvan, la passionaria des forêts, qui a fait paraître en 2024, un livre mémoire intitulée : « Mon combat pour des forêts vivantes ». Et pourquoi cette rencontre était-elle symbolique ? Parce qu’en 1998, Lucienne, encore inconnue, s’était associée à une manifestation des célèbres éco guerriers à Fontainebleau, dans le cadre des combats écologiques contre les coupe-rases. Ils avaient installé une sorte de radeau des cimes, dans un arbre géant, situé face au château de Fontainebleau. A l’époque, la cité impériale accueillait le 50ème anniversaire de l’Union International de Conservation de la Nature, en présence du président de la République Jacques Chirac et de Dominique Voynet ministre de l’écologie. Lucienne étai
Et dans sa dédicace sur son livre qui m’est destiné, elle écrit : « Quel souvenir formidable de notre combat pour La Défense de la forêt de Fontainebleau. Tous ensemble, continuons la lutte pour préserver et restaurer de vieilles et belles forêts, mélangées et étagées ! » Lucienne Haèse, âgée de 84 ans a réussi avec le Groupement forestier de protection des Feuillus du Morvan, à protéger 470 hectares de belles futaies diversifiées. Et c’est un combat qui était écrit. « Dès mon enfance, j’étais destinée à me battre pour la forêt. Elle m’entourait (tout autour d’Autun, Saône et Loire, région Bourgogne-Franche Comté, dans le parc naturel régional du Morvan), elle m’a toujours passionnée. J’en ai passé des heures à admirer la nature, à me régaler de la biodiversité, formidables ressources d’une vie riche et heureuse. Très tôt j’ai senti qu’il fallait protéger ces trésors » confie t-elle.
Et de clamer sa révolte. «Ça va très mal pour la forêt. Certes elle subit le dérèglement climatique et les incendies, mais aussi plus que tout, la main de l’homme. Beaucoup de paroles, peu d’actions sur le terrain et toujours les mêmes discours. La législation forestière n’évolue pas. Et la politique actuelle considère le bois comme un produit de consommation, une rentabilité à court terme. Le code forestier en vigueur autorise l’exploitation industrielle dans la plus grande opacité. Que deviendront nos forêts dans les décennies à venir ? Ce que certaines sont déjà : des usines à bois, dans lesquelles les résineux remplacent les arbres traditionnels en appauvrissement les sols et en détruisant la biodiversité. Il faut une vraie volonté politique pour sauver les forêts, une révision du code forestier. Changer de mode de sylviculture, oublier l’exploitation intensive est urgent. »
Des affirmations plus que d’actualité alors que le parlement européen à Bruxelles voudrait encore assouplir la loi anti-déforestation, notamment en réduisant drastiquement les obligations pesant sur les petites entreprises.